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Prise de position de Médias Suisses sur la collaboration avec la SSR

Les éditeurs de Médias Suisses, association des médias privés romands, se positionnent sur la collaboration avec la SSR dans la perspective de la votation sur l’initiative « No Billag ».

Paudex, le 13 novembre 2017

CE QUE NOUS CROYONS :

• Nous croyons que la SSR remplit une mission d’information de service public qui est essentielle, et qu’elle doit pouvoir conserver les moyens de remplir cette mission en fournissant des prestations de qualité dans toutes les régions du pays et dans chacune des langues nationales.

• Nous reconnaissons que la SSR se situe sur un marché où la principale concurrence vient de l’étranger, notamment en matière de divertissement, et qu’elle doit pouvoir continuer à rester compétitive face aux chaînes de télévision et de radio des pays limitrophes, en étant conscients qu’il s’agit d’un objectif ambitieux qui nécessite à nouveau des moyens suffisants.

• Nous croyons que le financement de la SSR doit se faire essentiellement par le biais de la redevance car il est indispensable de continuer à le lier étroitement à un mandat de service public clair, et sans doute redéfini, permettant un développement mesuré et respectueux d’une juste concurrence avec les médias privés.

• Nous saluons la proposition de limiter la redevance car elle donne clairement à la SSR le signal d’un frein à l’expansion à tout-va et de la nécessité d’économiser.

• Nous croyons de ce fait que l’initiative « No Billag » et son approche de la terre brûlée font fausse route : la disparition de la SSR actuelle affaiblirait considérablement le paysage médiatique suisse, en particulier dans les régions périphériques, aurait de lourdes conséquences économiques et sociales, sans aider fondamentalement les médias privés à sortir de la phase difficile dans laquelle ils se trouvent.

CE QUE NOUS VOULONS :

• Nous voulons que la SSR développe son offre dans le cadre de son mandat de service public et qu’elle se montre respectueuse des conditions qui lui sont posées pour pouvoir bénéficier de privilèges de financement par rapport aux médias privés.

• Nous voulons qu’elle se satisfasse d’un budget global financé par la redevance et par une commercialisation modérée de ses émissions de télévision et de radio.

Nous voulons que la SSR renonce à toute forme de publicité sur le web ainsi qu’à la publicité ciblée qui utilise les données de Swisscom pour faire directement et lourdement concurrence à l’offre des médias régionaux, dont la survie va dépendre du maintien des recettes publicitaires à leur plus haut niveau possible. Nous nous opposerons catégoriquement aux modifications législatives annoncées dans ce sens.

Nous voulons dès lors que la SSR quitte la régie publicitaire ADMEIRA, dont la stratégie de développement et les ambitions par rapport à une concurrence internationale sont clairement incompatibles avec une activité très restreinte sur le terrain commercial. La SSR, qui se doit de collaborer de manière non discriminatoire avec l’ensemble des médias privés, ne peut rester partie prenante dans une co-entreprise exclusive.

• Nous voulons que la SSR collabore véritablement avec les éditeurs privés, pas sur les points de détail qui ont été récemment évoqués et sont issus de réflexions auxquelles nous n’avons tout simplement jamais été associés. Nous appelons plutôt de nos vœux une mise en commun réelle et transparente des développements dans le domaine digital et dans la conquête de l’innovation, et donc dans tous les projets portés conjointement avec les EPF et Universités de Suisse. Il s’agit là non seulement d’un enjeu d’avenir majeur mais aussi d’un défi susceptible d’être relevé uniquement en commun.

• Nous voulons enfin poursuivre nos efforts communs dans la formation de nos collaboratrices et collaborateurs aux métiers et pratiques de demain, efforts qui se déploient de manière constructive depuis de nombreuses années, notamment au sein du Centre de formation au journalisme et aux médias (CFJM) de Lausanne.

C’est à ces conditions que nous considérerons avoir trouvé une solution convaincante aux problèmes de collaboration qui grèvent depuis trop longtemps les efforts déployés de toute part pour réinventer le paysage médiatique suisse.

Il nous semble aussi que seront alors posées les bases d’une reprise des échanges entre tous les éditeurs du pays autour d’un nouveau projet de régie ADMEIRA sans la SSR, permettant véritablement de mettre en place des solutions d’avenir pour l’ensemble des médias privés d’information.

Le Comité de Médias Suisses :

  • Thierry Mauron, St-Paul Holding SA
  • Serge Reymond, Tamedia SA
  • Stéphane Estival, Groupe ESH Médias
  • Michel Voisard, Démocrate Média Holding
  • Patrick Cuénoud, Publicitas SA
  • Sébastien Devaux, Tamedia SA
  • Jacques Matthey, Société Neuchâteloise de Presse SA