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L’aide à la presse ne doit pas être démantelée

par Bernard Wutrich

Le Conseil des Etats s’inquiète de l’état de santé de la presse écrite La situation très difficile dans laquelle se trouve aujourd’hui la presse n’a pas laissé le Conseil des Etats insensible. A tel point qu’une proposition de Filippo Lombardi (PDC/TI), à laquelle personne ne semblait accorder la moindre chance, n’a échoué que de justesse. Le Tessinois a voulu profiter de la révision totale de la loi sur la poste pour augmenter de 20 millions l’aide indirecte à la presse.

Il a proposé de faire passer de 20 à 30 millions le subventionnement du transport des journaux régionaux et locaux et de 10 à 20 millions celui de la presse associative. Il souhaitait aussi accorder cette aide à tous les quotidiens et hebdomadaires dont le tirage est inférieur à 50 000 exemplaires, ce qui aurait permis à des quotidiens comme Le Temps, qui n’est pas régional, de profiter de ce soutien financier. « Cette aide est justifiée, car la presse contribue à la formation de l’opinion », argumente-t-il.

Urs Schwaller (PDC/FR) a appuyé sa requête, invoquant notamment l’annonce d’une hausse d’un centime par exemplaire faite par La Poste pour 2010. Ce renchérissement coûterait par exemple 50 000 francs au Temps. La proposition de Filippo Lombardi n’a été rejetée que par 21 voix contre 20.

« Une bonne nouvelle » En revanche, le Conseil des Etats a décidé de reconduire l’aide actuelle – 20 millions pour les médias régionaux et locaux, 10 millions pour les publications associatives – de façon illimitée. Il s’est ainsi démarqué du Conseil fédéral, qui voulait la limiter à, respectivement, 2014 et 2011.

Pour Valérie Boagno, directrice du Temps et présidente de Presse Suisse, cette décision est une « bonne nouvelle ». Et le soutien d’estime obtenu par Filippo Lombardi est « un signe très positif ». Les éditeurs vont revenir à la charge lorsque le dossier sera traité au Conseil national. Presse Suisse demande par ailleurs de meilleures conditions-cadres pour les éditeurs privés (exemption de la TVA, abonnements fiscalement déductibles, liberté publicitaire).

Le Temps – mercredi 2 décembre 2009